Bregore Lucy

Nom : Bregore

Prénom : Lucy

Lieu de résidence : Strasbourg (France)

Blog/site : pas de site

 

 

 

 

 

 

 

Biographie :

Née en Alsace, Lucy Bregore a parlé le dialecte de sa région bien avant d’apprendre le français, qu’elle découvre sur les bancs de l’école maternelle. Après des études dans un grand lycée strasbourgeois, elle revient à ses premières amours et entreprend des études d’allemand à la faculté des lettres de Strasbourg. Le métier de professeur qu’elle a exercé durant toute sa carrière, et par choix, dans des classes réputées difficiles (les fameuses classes ZEP), elle l’a vécu d’abord comme une « simple » enseignante de langues, puis elle y a ajouté au fil des années une dimension « éducative », voire d’ « assistante sociale », face à des enfants en quête de repères. Avant de s’épuiser à cette tâche, elle se saisit, au bout de trente ans de bons et loyaux services, de la possibilité qui lui est offerte (grâce à ses trois enfants !) d’arrêter sa carrière dans l’Education Nationale. Mais l’inactivité lui pèse très
vite, et ses proches ne sont pas étonnés de la voir alors consacrer tout son temps à l’écriture de son premier roman : Une vie à fleur de peau. En effet, cette fille de musicien partage depuis toujours avec son père le même goût de créer, de s’évader du quotidien, et les textes, les poèmes, les paroles de chansons, tour à tour émouvants ou drôles, qu’elle écrit depuis son plus jeune âge témoignent de son amour d’une musique toute particulière, celle des mots.

 

Ses romans :

 

 

 

 

 

 

Type : Roman

Genre : Drame

 

Résumé :

Ce livre raconte le désarroi d’une famille « ordinaire » face au mal-être post-adolescent d’une jeune fille, à qui l’avenir semblait sourire, et qui se retrouve pourtant, de crise en crise, hospitalisée en milieu psychiatrique, malgré tout l’amour dont elle est entourée.
Voilà, résumée en quelques mots, une histoire qui est, malheureusement, de nos jours, de plus en plus souvent le quotidien de familles d’autant plus démunies que rien ne les préparait à vivre « ça ».
Dès les premières lignes, le lecteur partage les angoisses et les doutes de Charlotte, la mère de Justine, qui traverse cette épreuve en se raccrochant à l’amour qu’elle porte à sa fille et l’espoir farouche qu’ils sortiront un jour, tous ensemble, de ce tunnel.

Extrait :

Août 2002.
 
Il fait très beau, très chaud cet après-midi-là. Un soleil insolent de luminosité, qui agresse ses yeux, malgré les épaisses lunettes noires. En arrivant près de l’entrée, Charlotte ralentit à peine. Un petit signe de la main, et la barrière se lève. L’avantage de se présenter tous les jours, à la même heure, avec la même voiture, et le même sourire forcé ! Elle relève la vitre et pénètre dans l’enceinte de l’hôpital. Elle n’est pas pressée. Elle contourne lentement les bâtiments d’administration, longe plusieurs unités à toit plat, tous construits sur le même modèle, abritant des malades de tous âges, qui ont une chose en commun : ils sont incapables de vivre en dehors de ces murs, incapables de gérer leurs vies, et créent ici, en vase clos, une communauté disparate, désocialisée, dont sa fille fait partie. Une communauté sclérosée dans un quotidien hors du temps, à l’écart de la société
et à
l’abri de ses regards. Hormis les médecins, les infirmiers, et les membres du personnel qui y travaillent, ne pénètrent dans cette enceinte que les familles et amis des patients qui y sont enfermés (elle préfère ce mot à celui d’internés).
En roulant au pas entre les bâtiments entourés d’espaces verts, au milieu desquels les tables et chaises de jardin sont désertées la plupart du temps, elle a l’impression de pénétrer dans un décor de théâtre. Ou un monde parallèle. Un monde avec ses propres règles, ses propres lois. Un monde, dans lequel l’anormalité devient la règle, et où le bizarre relève de la routine ordinaire.
 
Elle a peine à croire qu’elle vient tous les jours depuis dix jours au C12. Le C12 ! En se garant devant le bâtiment d’un blanc douteux, son regard s’attarde sur la rangée de fenêtres grillagées qui abritent les chambres à deux, trois, quatre, voire six patients. Elle se dit que Justine est peut-être à l’arrière, dans le petit patio. Elle l’espère, car les face à face sont moins difficiles, lorsqu’ils se passent en plein air. Hier et avant-hier elle a passé cette heure de visite assise avec elle sur le petit carré de pelouse agrémenté de quelques plants de fleurs, et elle a pu s’imaginer quelques instants qu’elles étaient simplement toutes les deux dans un parc public, en train de profiter des rayons du soleil. Justine était calme, presque apathique, et Charlotte s’était même demandée s’ils lui avaient augmenté les doses de neuroleptiques. Il faudrait qu’elle pense à poser la question au Dr Lemaire, avec qui elle avait rendez-vous
tout à l’heure.
 
Heureusement, aujourd’hui le soleil est un peu voilé, et avant de quitter la voiture, Charlotte peut ranger ses lunettes noires dans la boîte à gants. Lorsque Justine est en crise, elle ne supporte pas de la voir avec des lunettes de soleil. Même dehors ! Elle dit qu’elle veut les voir, ses yeux. Peut-être pour être sûre qu’elle ne pleure pas ? Parce qu’elle ne supporte pas de la voir pleurer. En sortant de la voiture, Charlotte vérifie machinalement qu’elle a bien pris le quart de Lexomil qu’elle a mis au fond de sa poche avant de quitter la maison. Oui, elle a dû le prendre, puisqu’il n’y est plus. Pourtant, comme tous les jours, elle doit se faire violence pour ne pas rebrousser chemin. Mais elle se ressaisit vite. Elle doit être là, puisque sa fille y est.

Extrait du roman « Une vie à fleur de peau »

 

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