Leclercq Philippe

Nom : Leclercq

Prénom : Philippe

 

Lieu de résidence : Schaerbeek (Belgique)

 

Blog/site : pas de site

 

Biographie :

Philippe Leclercq est né à Bruxelles, le 25-02-1962. Il est père de trois enfants et marié. Il travaille dans le monde du jeu de société. Amateur de Frédéric Dard, il a toujours aimé écrire, sans jamais avoir réussi à boucler un roman. Pourquoi y est-il arrivé cette fois ? Il l’ignore…

Romans publiés chez CDL :

Type : Roman

Genre : Thriller

 

 

 

 

 

Résumé :

Jésus Sauveur est un drôle de coco. Déjà par son nom, vous l’admettrez. Mais aussi par sa profession. Il est Médiateur Fédéral.
En gros, personne ne sait de quoi il s’agit.
Notre gaillard – qui se fait appeler Jess, c’est plus pratique – est un dénoueur de panier de crabes. Il n’a pas son pareil pour déjouer les coups les plus tordus.
Dans un monde où l’homme est capable de tout et souvent du pire, il rame à contre-courant. Armé de sa seule intuition, fort de ses convictions et de son humanité exacerbée, il va là où sa hiérarchie l’envoie.
Cette fois-ci, tout commence par une prise d’otage dans un immeuble. Un jeune gamin est séquestré par l’assassin de sa mère. Comment ce fait divers, somme toute banal, a-t-il pu déboucher sur une affaire de meurtres en série ?
Jamais, cette modeste ville de province n’oubliera.
Normalement, un sérial killer c’est bien masculin, non ? Comme un viol, un assassinat…
Pas cette fois-ci. Pour la première fois, la proie est l’homme et le prédateur une femme.
Une Mante Religieuse.
Dans toute violence il y a un appel au secours.

Extrait :
Il pousse la porte, se glisse sur le palier comme on se jette dans la gueule du loup.
Déjà, l’immeuble vit. Il entend des bruits de voix, des pas. Des gémissements réguliers lui indiquent que sa vieille voisine est encore bien verte pour la saison.
Il descend lentement l’escalier, presque à reculons. Bon sang ! Que fait-il là ? Quelle mouche l’a donc piqué ?
Il croise quelques personnes aux étages inférieurs. Des blacks, des jaunes. Des exclus de la vie au grand jour, comme lui. Une jeune beur allégée sort d’une douche improvisée, une serviette autour des reins, les seins nus.
 
Personne ne lui prête attention. Est-ce que quelqu’un le voit, seulement ?
Dans sa poche, son flingue se rappelle à lui à chaque enjambée. Ça lui donne du courage.
 
Dans la rue, la chaleur est malsaine.
Il fait plus chaud dehors que dedans.
La nuit tire ses dernières cartouches devant la déferlante de lumière qui s’annonce à l’horizon.
Quelques voitures passent. Un camion termine sa tournée des poubelles.
Il avance en rasant les murs. Il se traîne plus qu’il ne marche. A chaque réverbère, son ombre le dépasse. Il la voit gesticuler comme un pantin devant lui, animée de gestes saccadés et désordonnés.
A trois reprises, l’arme tombe de sa poche. A trois reprises, il la ramasse péniblement. Comme un marathonien perclus de crampes qui doit relacer sa chaussure.
Où va-t-il ? Il ne le sait pas. Il se laisse faire, invoquant son étoile. Confiant dans tous les rayonnements, dans toutes les ondes qui l’ont sorti de l’impasse il y a quelques heures, il avance.
C’est beau, la foi.
Peu à peu, les rues changent. Les trottoirs sont plus réguliers, plus propres. Il quitte la zone pour des quartiers mieux fréquentés.
Déjà, il n’en peut plus. Son corps se rebiffe.
Il ne tiendra plus longtemps.
Il pousse une porte sur sa droite, se retrouve dans le hall d’entrée d’un immeuble.
Ce sera celui-ci. Pas le choix.
Il regarde autour de lui. Il n’y a qu’une dizaine de boîtes aux lettres au mur, pas beaucoup plus. C’est juste ce qu’il lui faut.
Comment faire pour franchir la deuxième porte vers la cage d’escalier, vers l’ascenseur ? Il considère le parlophone. Devra-t-il sonner au hasard en espérant qu’on lui ouvre ?
Un début d’agacement le saisit. Il n’aime pas devoir réfléchir, ça l’épuise, ça court-circuite ses neurones et provoque des troubles de l’activité électrique du cerveau.
Déjà qu’il n’a pas besoin de ça pour être perturbé.
Heureusement – si je puis dire – quelqu’un se présente à la porte intérieure. Un jeune adolescent hirsute, le casque sur les oreilles, le MP3 à la ceinture. Tellement enfermé dans son monde qu’il ne s’aperçoit pas que quelqu’un s’est glissé à l’intérieur.
 
Alea jacta est !
Sa vae chium dans le ventilum.
 
Il avance dans le couloir encore éclairé. Tout est propre et neuf. Un autre monde. Tant mieux : il n’aura pas à flinguer des compagnons d’infortune.
L’ascenseur est encore éclairé, en stand-by au rez-de-chaussée.
Tout à coup, une porte s’ouvre cinq étages plus haut. Une voix de femme prononce quelques mots.
Mahfouz ! Dépêche-toi, il est l’heure.
On l’entend faire quelques pas. Elle appelle l’ascenseur.
L’occasion est trop belle. Dans un effort douloureux, il se jette en avant. In extremis, il arrive à se glisser juste avant que les portes ne se referment. Il se dit :
« Quel étage ? »
Et voilà qu’il quitte la terre ferme.
Alors ?
Les chiffres dansent.
Tout se mélange.
Il est en tête-à-tête avec un ange…
 
Il a déjà son arme au poing. Il se surprend à penser :
Cinquième étage…
Quand l’ascenseur s’arrête.
Tout à coup, la femme est à un mètre de lui. Elle ne s’est pas encore aperçue de sa présence, elle regarde en arrière.
– Mahfouz ! Allez, bonhomme ! Je dois encore te déposer chez Nicole ce matin…
 
Elle ne le déposera nulle part.
 
Il tend le bras, pointant le canon à soixante centimètres de cette tête de mère pressée par le temps.
Tout va alors très vite.
Le gamin arrive enfin, empêtré dans les sangles de son cartable, une tartine de choco coincée entre les dents. D’un mouvement du pied, il ferme la porte derrière lui, puis lève les yeux vers sa mère.
C’est là qu’il voit la scène.
La tartine lui échappe, un cri d’effroi sort de sa bouche pâteuse…
Le coup part.
Les murs du cinquième sont repeints en rouge.
Par projection.
Le corps de la femme s’écroule lourdement sur le sol.
Le gosse hurle encore. Il hurlera toujours…
 
Mahfouz, ça veut dire « Qui est sous la vigilance et la sauvegarde de Dieu ».
Il y a des matins, comme ça, où même le Tout-Puissant a du mal à se réveiller.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :