Maginhard

Nom : Maginhard

Prénom : –

Lieu de résidence : Suisse romande

 

Blog/site : http://apostrophe.bleublog.lematin.ch/

 

Biographie :

Suisse d’ascendance vaudoise, l’auteur a passé sa jeunesse à Paris. Les activités professionnelles qu’il a été contraint d’exercer ne l’ont pas intéressé. Sans pousser le paradoxe au point d’affirmer, avec Gustave Flaubert, que « la vie n’est tolérable qu’à la condition de n’y jamais être », il est incessamment porté à s’écarter de la carrière pour monter sur les surplombs d’où l’esprit a le loisir d’embrasser les lointains.

  

Ses romans :

Type : recueil

Genre : souvenirs

Résumé :

« Apostrophe aux contemporains de ma mort” est une causerie, par un très vieux monsieur au bord de la tombe qui livre ses réflexions et ses désarrois. Comme chez tous les grands vieillards en fin d’existence, son univers intellectuel, pour user d’une allégorie, est un va-et-vient sur une arche qui repose essentiellement sur deux piliers : l’heure présente et la jeunesse. Le texte est à la clef de voûte de cette arche.
Ce n’est pas un roman. Ce ne sont pas des souvenirs. Le propos n’est que secondairement de faire revivre un passé ; c’est avant tout de faire vivre le souvenir que le narrateur en garde, ce qui est fort différent. Il s’y promène, dans ce souvenir, comme dans un musée. Je me suis attaché à donner aux choses de l’enfance le poids et l’importance qu’elles ont dans l’esprit d’un enfant, fort loin donc des récits attendris qui ne sont qu’une mise en forme nostalgique des préoccupations rétrospectives de l’écrivain adulte.
Emporté dans son glissement vers la mort, le narrateur fait un songe : il rêve sa mort nécessairement proche, et – pour ne placer ici qu’une simple notation d’ambiance – il constate combien le caractère inévitable de cette mort la rend acceptable pour tout le monde et même un peu pour lui, ce qui a donné lieu, dans la première partie du texte, à un parallèle entre la mort des vieillards et celle des animaux d’abattoir.
Enfin, intermède entre les deux bouts de la vie, une aventure homosexuelle vécue dans l’adolescence illustre un arrachement vers l’âge adulte dans un narré volontairement inspiré de celui des contes. Julien Green, dans son journal (“Ce qui reste de jour”, 26 septembre 1968), a noté ceci : « Il y a dans le rêve une économie de moyens admirable. Tout ce qui n’est pas essentiel est éliminé. Le sujet est mis en valeur dans une lumière fulgurante qui rejette dans les ténèbres extérieures l’inutile, le détail, ou alors le détail est isolé dans cet éclairage surnaturel et y prend la toute première place, l’hallucinante première place.
Si l’on pouvait écrire et composer ainsi, on ferait de grandes choses. »
Je le confesse : j’ai été immodeste. Je me suis prétendu capable de réussir à quelque-chose comme cela. Juger si l’entreprise a été honorablement soutenue n’appartient qu’au lecteur.

 

Extrait :

« Comme à la Saint-Lambert,

Qui s’en va place perd ! » 

Je garde dans l’oreille des exclamations, des protestations, des invectives, des invites, qu’ont probablement oubliées quelques instants plus tard ceux-là mêmes qui les avaient lancées. Ces échos d’une clameur infiniment éloignée me restent comme font les fossiles inclus dans une strate géologique, qui n’existent plus que par la trace qu’ils y ont laissée. Dans chacun de ces cris ivres de vie, l’édacité du temps a mis à nu un appel tragique, qui déjà quand il fut jeté maudissait la mort ; mais nous ne le savions pas.
Et la clarté des jours qui illuminaient mon enfance est maintenant réduite à celle d’une étoile à perte de vue, qui n’est visible que parce qu’elle rayonne ; c’est, dans le tunnel obscur, interminable, à l’intérieur duquel je vais bientôt trébucher sans même peut-être m’en apercevoir, un point de lumière qui scintille depuis l’entrée toujours plus lointaine.
Annulez ma vie. Ce n’était pas de jeu. Par jalousie, on cache aux enfants la vraie valeur de la vie à faire qui s’étend indéterminément dans l’avenir. On se garde bien de leur faire savoir que chaque rentrée des classes, chaque distribution des prix, chaque villégiature de vacances, est une étape irrepassable ; que c’est déjà, insensible dans l’instant, le franchissement des premiers tributaires de l’Achéron.

 

Publicités

2 Réponses to “Maginhard”

  1. quelle perle ce passage, on sens le déroulement du film d’une fin de vie. Les paroles deviennent éthérées, sans grand sens pour le commun des… mortels que nous sommes.

  2. Je me permets de donner un avis sur votre extrait, sur lequel je suis tombé par hasard : votre style est trop riche, trop lourd, trop ampoulé. Le sens du texte est évidemment parfaitement clair dans votre tête, puisque vous en avez choisi chacun des mots, un à un, en exprimant votre pensée. Mais le lecteur lambda se laisse simplement guider par les mots, en recherche de détente, de dépaysement, de partage, et honnêtement ça accroche. On doit parfois relire pour comprendre le sens des phrases, c’est très confus. Il faut simplifier, énormément, gagner en légèreté. Il y a trop de mots compliqués, le style est trop soutenu, comme pour chercher à prouver, à montrer quelque chose. Ce texte sonnerait beaucoup mieux en étant plus authentique, moins démonstratif. Amicalement.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :