Marseaut-Hernould Céline

Nom : Marseaut-Hernould

Prénom : Céline

Lieu de résidence : Leuze-en-Hainaut (Belgique)

Blog/site : http://c-mh.skynetblogs.be

 

 

 

Biographie :

Née à Tournai le 10 février 1984, Céline Marseaut-Hernould vit désormais à Leuze-en-Hainaut. Ses études ne la prédestinaient pas à l’écriture, mais le plaisir qu’elle prenait à découvrir la littérature et le cinéma fantastique l’a poussé un jour à elle-même prendre la plume afin de faire partager son univers fantastique au style emprunt des grands classiques du genre, auxquels elle apporte une touche de modernité en faisant se dérouler l’action de ses histoires dans des lieux inhabituels mais dans lesquels chacun peut se retrouver à tout moment.

Ses romans :

Type : Recueils

Genre : Nouvelles

Résumé :

Douze nouvelles, fantastiques pour la plupart, toujours sombres. Un éclairage pourtant, mais peu rassurant : celui de la pleine lune !

Extrait :

La voiture filait à toute allure sur la route boueuse qui traversait les bois, avec pour seule lumière celle des phares.

– Tu ne crois pas qu’on devrait ralentir un peu, on va finir par se prendre un arbre, dit Steve au garçon qui était au volant.

– Je préfèrerais mourir en me prenant un arbre plutôt que par ce qui est derrière nous.

Steve se retourna. Il ne vit par le pare-brise arrière que le noir le plus complet.

– Tu crois qu’ils nous suivent ? demanda-t-il à Jeorge.

– Je n’en sais rien, mais ce que je sais c’est que je veux être le plus loin possible d’eux.

Jeorge avait les mains crispées sur le volant, Steve se cramponnait à son siège. Heureusement, la neige avait fondu cette après-midi. Steve rompit à nouveau le silence.

– Et où on va aller ?

– Comment veux-tu que je le sache, s’énerva Jeorge, je ne sais déjà pas où on est là. Il perdit le contrôle du véhicule tandis qu’un daim traversait la route. La voiture termina sa course dans un fossé détrempé par la neige fondue. Le conducteur enclencha la marche arrière mais les roues patinèrent, faisant pire que mieux. Il tapa sur le volant de rage et entreprit d’ouvrir la portière quand Steve lui prit le bras.

– Qu’est-ce que tu fais, Jeorge, tu ne vas pas sortir ?

– Et même que tu vas sortir avec moi, tu ne crois quand même pas que je vais tirer ce tas de ferraille de cette merde tout seul.

– Je…je ne sais pas, on pourrait peut-être attendre que le jour se lève, qu’est-ce que t’en dis…je…je suis sûr qu’ils ne nous ont pas suivis. Il y avait une panique dans sa voix. Les bois en pleine nuit n’étaient déjà pas très rassurants, la voiture lui semblait assurer leur protection. Le fait de se retrouver dehors le rendait fou. Mais Jeorge était déjà sorti et n’avait rien écouté des plaintes de son cadet. Il resta sur son siège sans bouger, pétrifié. Il sursauta quand il entendit la voix de son frère lui demander de se presser de le rejoindre nom de dieu !

Steve ouvrit sa portière les mains tremblantes. Une odeur de pins mouillés envahit ses narines. Il posa le pied sur un sol boueux et collant. Il voyait son frère à l’arrière de la voiture qui essayait inutilement de pousser le véhicule afin de le sortir de ce bourbier.

– Grouilles-toi, viens m’aider à pousser, triple crétin.

Steve avança dans la boue, ses baskets desserrées manquèrent de se dérober à plusieurs reprises comme quand on marche sur un béton frais, un bruit de succion à chaque pas. Il alla rejoindre son frère et ils poussèrent ensemble la BMW de leur père qui ne fit que glisser plus profondément dans le fossé.

– Pourquoi as-tu acheté ce char p’pa, maman voulait tant une golf, soupira Jeorge.

Il retourna alors vers l’avant, donnant un coup de pied au pare-chocs au passage. La portière était restée ouverte et il se rua à l’intérieur de la voiture. Steve le rejoignit en courant, oubliant la boue qui le faisait glisser. Un instant il crut que son frère partirait, le laissant seul, et la panique le prit de plus belle. Il regarda Jeorge fouiller dans la boîte à gants et jeter sur le sol toute sorte d’objets dont il ne soupçonnait pas la présence. Mais le temps n’était pas venu de jouer les curieux.

– Tu fais quoi ? l’interrogea Steve. Son frère ne lui répondit pas, il était toujours plongé dans ses fouilles. Il leva enfin l’objet qu’il recherchait tant, une lampe de poche à piles. Il actionna l’interrupteur de la lampe, satisfait de voir qu’elle fonctionnait encore. Il ignorait pour combien de temps mais il valait mieux ne pas se poser une telle question pour l’instant. Steve observait la lampe de poche dans les mains de son frère. Il sentit son cœur qui ne tarderait pas à sortir de sa poitrine et se mit à espérer qu’il n’avait pas compris ce que Jeorge avait l’intention de faire.

L’aîné sortit de la voiture la lampe glissée dans la poche arrière de son jean, sous les yeux effrayés de son frère de quinze ans.

– On va marcher, on perdrait trop de temps à la désembourber, faut pas traîner ici.

– On y arriverait peut-être si…si on utilisait une corde ou je ne sais pas quoi mais…

Jeorge prit son frère par les épaules, ses yeux plongés dans les siens, non plus avec colère cette fois mais en un grand frère protecteur.

– Je sais que tu as une frousse bleue mon pote et moi aussi je suis mort de trouille, on pourrait sortir la voiture de ce fossé avec une corde mais ça nous prendrait un temps fou. On va marcher vite, tu resteras près de moi et on finira par sortir de cette brousse. Mais surtout tu dois rester calme, c’est compris ?

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