Renault Anne

Nom : Renault

Prénom : Anne

Lieu de résidence : Saint-Avertin – Indre-et-Loire (France)

Blog/site : pas de website

Biographie :

Anne Renault est née en Charente, dans une petite ville du sud-ouest de la France, au pays des vignes et de la lenteur. C’est l’amour de ce lieu d’enfance et le désir de le faire renaître par des mots qui l’a engagée dans le processus d’écriture.
Sa deuxième source d’inspiration, elle la trouve dans le Nord, particulièrement à Ostende, ville avec laquelle elle entretient un rapport amoureux. Là, le ciel est plus grand qu’ailleurs et la mer du Nord murmure les histoires de personnages bizarres, douloureux et presque fous, que n’accompagne que leur solitude.
Anne Renault est diplômée de l’université de Lettres et de Sciences de Poitiers et a exercé le métier de professeur de Français en Touraine, où elle vit depuis plus de trente ans.

 

Ses romans :

 

 

 

 

 

 

Type : Recueil

 

Genre : Nouvelles

 

 

Résumé :

« SUICIDE DANS L’APRES-MIDI » est un recueil de huit nouvelles, dont celle qui donne son titre à l’ouvrage et qui est la première d’une trilogie, où l’on suit le personnage de Hans, enfant terrible d’une riche famille flamande, inspirateur du photographe Joseph A, et enfin croupier déchu au casino d’Ostende.
La nouvelle qui inaugure le recueil, « Monsieur Delvaux s’en va », écrite sous forme du journal intime d’un jeune instituteur, retrace les dernières semaines de la vie d’un village qui va disparaître à la suite d’un accident dans une mystérieuse centrale nucléaire sous-marine. C’est aussi un hymne à l’amour de la terre et du monde.
Dans « Liens de sang », l’auteur évoque les liens trop exclusifs qui unissent une jeune femme à son père.
Quant à « Meurtre », c’est le récit d’une liaison délétère dont seul un acte meurtrier peut libérer la protagoniste.
« Duel au soleil » et « Lorelei », nouvelle sur laquelle se clôt le recueil, traitent directement du suicide, mais rendent aussi hommage à la beauté de la nature, à l’été, à la terre tant aimée.
Ces textes, sombres et parfois oppressants n’adoptent cependant jamais une attitude complaisante ou voyeuriste envers tout ce que suicide et meurtre peuvent comporter de morbide ou de sensationnel.
Ce qu’a tenté l’auteur, c’est de restituer des moments – que chacun d’entre nous peut connaître – où l’on est confronté à une réalité massive, qui ne peut ni être acceptée, ni aménagée, et à laquelle la seule issue apparaît comme un acte définitif, qui fait basculer le destin du personnage.
« Suicide dans l’après-midi » propose une analyse psychologique de situations extrêmes mais aussi une évocation sensuelle et souvent poétique de lieux, d’atmosphères, de rêves.

 

Extrait :

« Donc, dans la soirée, je sortais de chez Eva. A peine dans la rue, malgré le vent glacé qui commençait à balayer la ville, une bouffée de sueur me trempait tout entier. Je partais à grands pas, dans une direction ou une autre, peu importait maintenant, avec cependant l’injonction de ne pas m’approcher du Kursaal, ni de la rue à la vitrine. En ces deux lieux, si proches que l’on aurait pu les confondre en un seul, se focalisait l’origine de ma douleur, se renouvelait indéfiniment l’étrange opération qui m’avait détruit.
Contournant la zone interdite, mes pas me conduisaient souvent sur le front de mer, assez loin du centre, à un endroit où la jetée était bordée d’un long passage à colonnades. J’étais venu ici auparavant, attiré par l’aspect mystérieux et romantique du lieu. La mer du Nord, parfois étincelante sous les éclats de soleil, parfois lourde et opaque comme de la glaise se reflétait dans de hautes glaces qui couvraient le mur du passage. Des mouettes altières criaient, les passants apparaissaient ou disparaissaient entre les colonnes.
Mais maintenant, dès la première fois que j’y revins, je constatai que l’endroit avait perdu toute sa magie. Les mouettes étaient devenues de lourds oiseaux, arrogants et hurleurs, qui souillaient les bancs, le plâtre des colonnes s’écaillait et était strié de graffitis obscènes. Des excréments de chiens et des gravats se mélangeaient au sable. Quant aux passants, dont j’avais, auparavant, attribué la lenteur au désir de jouir de la poésie du site, je découvris qu’ils étaient presque tous pensionnaires d’un long bâtiment, et que celui-ci n’était autre qu’une maison de retraite. Leurs infirmités leur imposaient ce rythme alangui, et personne, voyant leurs regards morts et leurs pas hésitants, n’aurait pu les prendre pour des amoureux du lieu.
Cependant, quand je me rendais là-bas, et je m’y retrouvais souvent, la détérioration des êtres et des lieux ne me gênait pas. Je m’allongeais sur un banc, la tête à l’opposé du Casino, et je fixais le ciel, où toutes les teintes de gris et de blanc se succédaient rapidement. Les mouettes criaient lamentablement. Quelquefois des toux ou des raclements de pieds m’annonçaient la venue d’un pensionnaire. Je faisais alors semblant de dormir, afin qu’il ne cherche pas à me parler. Qu’il me prenne pour un alcoolique cuvant sa bière, où un des drogués fréquentant le petit parc proche. Que je suscite le dégoût ou la peur, l’essentiel était que l’on ne m’approche pas. » 

 

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